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Exposition
Aqueducs, une histoire d’eau

A Paris, le Pavillon de l’eau accueille l’exposition « Aqueducs, des chemins pour l’eau ». L’occasion de mieux comprendre le fonctionnement et l’histoire de ces ouvrages.

Aqueduc de l’Avre, Montreuil-sur-Eure, pont siphon.
Aqueduc de l’Avre, Montreuil-sur-Eure, pont siphon.
© Eau de Paris

Dans l’imaginaire du grand public, l’aqueduc est bien souvent réduit au seul pont aqueduc qui n’est qu’une partie minoritaire de ces ouvrages. L’exposition “Aqueducs, des chemins pour l’eau”explique  quant à elle   l’importance de la dimension souterraine puisque la majorité des aqueducs sont ensevelis. Ils transportent de l’eau depuis des sources jusqu’à une ville. Ils acheminent principalement une eau destinée à la consommation humaine et deviennent visibles lorsqu’ils doivent franchir une vallée : on parle alors de pont aqueduc ou de siphon. Selon la profondeur de la vallée, il faut construire un, deux ou trois niveaux d’arcades pour surélever ces ouvrages. Pour conduire l’eau, ils fonctionnent majoritairement selon le principe de la gravité. Aucune énergie n’est nécessaire pour la transporter.
Il y a deux manières d’alimenter l’aqueduc : soit en allant chercher l’eau dans une nappe souterraine au moyen d’un puits, d’un forage ou d’un drain, soit en captant une source. Pour leur entretien, des points d’accès à la galerie sont prévus. Il s’agit de regards et de puisards. Lorsque l’aqueduc doit traverser une colline, il est souterrain, l’eau circule alors dans une rigole ou des tuyaux appelés conduites.
Les Romains sont considérés comme les inventeurs de l’aqueduc, même si le principe de cet ouvrage était connu en Mésopotamie et en Grèce dès le 6e siècle av. J-C. Le premier aqueduc romain a été construit au 4e siècle av. J-C. Presque entièrement souterrain, il s’étendait sur 17 km et apportait chaque jour 76 millions de litres d’eau au centre de Rome.
Au Moyen Age, des congrégations religieuses lancent la construction d’aqueducs et de fontaines pour leur propre usage. Mais Paris reste pauvre en eau, d’où l’existence, jusqu’au début du 20e siècle des porteurs d’eau qui approvisionnent les maisons en eau de la Seine ou depuis les rares fontaines.
A la fin du 16e siècle, Paris est en expansion et ses 350 000 habitants ne bénéficient pas d’une eau de qualité. Des recherches sont menées sous le règne d’Henri IV pour retrouver et restaurer l’aqueduc romain de Lutèce mais sa réutilisation s’avère finalement impossible car l’ouvrage est trop dégradé. Après la mort d’Henri IV, sa veuve, Marie de Médicis, fait construire un nouvel aqueduc pour alimenter des fontaines publiques sur la rive gauche et les jardins de son palais du Luxembourg. Il est aujourd’hui appelé « aqueduc Médicis » et on a célébré son quatre centième anniversaire en 2013.

A 150 km de Paris
Au 19e siècle, l’hygiène devient une préoccupation quotidienne et la demande en eau augmente. On crée alors des canaux, des égouts et de nouveaux aqueducs. La fonte permet de construire des conduites beaucoup plus grandes et bien plus résistantes. Eugène Belgrand, un ingénieur novateur, réalise de nouveaux aqueducs, développe et modernise le réseau d’eau de la capitale. Pour offrir aux Parisiens une eau de qualité, il capte des sources loin de la ville, jusqu’à 150 km de distance. Les eaux sont acheminées par deux aqueducs : la Dhuis (1863-1865) et la Vanne (1866-1874). Trois autres ouvrages sont construits après le décès d’Eugène Belgrand : l’Avre (1890-1893) et le Loing (1897-1900). Le dernier aqueduc parisien, celui de la Voulzie, est achevé en 1925. Il mesure 13 km et est le plus grand monument historique de France. Ces trois constructions sont encore en service et acheminent la moitié de la consommation d’eau potable des Parisiens (483 000 m3 par jour en moyenne en 2012).
Une fois acheminée, l’eau est stockée dans un réservoir. Jusqu’au 19e siècle, les eaux souterraines amenées par les aqueducs à Paris étaient potables. A cause de la pollution, il a ensuite fallu les traiter. Il y a donc différentes usines de traitement sur le chemin de l’aqueduc. Trois réservoirs alimentent la capitale : à Montsouris (14e arrondissement) l’eau provient de l’aqueduc de Loing, à L’Haÿ-les-Roses, elle arrive de l’aqueduc de la Vanne (94) et à Saint-Cloud, elle est acheminée par l’aqueduc de l’Avre (92). Les réserves correspondent à deux jours de consommation. On retrouve aujourd’hui des vestiges d’aqueducs dans plus de 150 villes en France.

Le Pavillon de l’eau, un lieu unique

Le Pavillon de l’eau, administré par Eau de Paris, la régie municipale qui gère la production et la distribution de l’eau dans la capitale, constitue le principal lieu d’information et de documentation sur l’eau à Paris. Cette ancienne halle de relevage des eaux de Seine présente aujourd’hui une exposition permanente sur l’alimentation en eau de la capitale et son histoire. Eau de Paris y organise des expositions temporaires telles que
« Aqueducs : des chemins pour l’eau ». Ouverte depuis le 13 septembre 2013, cette dernière est visible jusqu’au 1er mars 2014. Adresse : 77 avenue de Versailles 75 016 Paris. Tél. 01 42 24 54 02. Entrée libre.

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