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Bien comprendre la composition de son sol pour savoir comment gérer la vigne

La société Bio3G a organisé le 11 mars une réunion de terrain à Chadenac pour apprendre à analyser le sol de ses parcelles de vigne.

Face aux viticulteurs présents, Stéphane Burgin, animateur technique Bio3G, a présenté différents tests permettant d’analyser la composition de son sol.
Face aux viticulteurs présents, Stéphane Burgin, animateur technique Bio3G, a présenté différents tests permettant d’analyser la composition de son sol.
© AC

La connaissance du sol est un volet majeur de l’agronomie. C’est pour cette raison que Bio3G, société spécialisée dans la biostimulation, a organisé le 11 mars dernier à Chadenac un atelier abordant ce sujet, à destination des viticulteurs. « Le sol, c’est un résultat d’actions de surface et d’actions souterraines », explique Stéphane Burgin, animateur technique Bio3G, à la vingtaine de participants présents. Installé dans une fosse creusée sur une parcelle prêtée pour l’occasion, il liste quelques-unes de ces actions : les effets du climat, les apports en matière organique, ou encore le travail des racines « qui solubilisent la roche ». « Plus cette action va être prononcée, plus vous allez avoir des sols tendres », indique-t-il.

Le rôle des lombrics

La démonstration sur le terrain lui permet de se livrer à quelques démonstrations pratiques, comme le ‘‘test du boudin’’. Aussi appelé ‘‘test pâton’’, il permet de déterminer le taux d’argile du sol. En façonnant un boudin de terre avec son échantillon, il peut affirmer que ce taux est supérieur à 10 % ; avec un croissant, c’est 15 %, et un anneau, 20 %. Cette mesure lui permet d’affiner son conseil. Ainsi, sur la parcelle du jour, il met en avant l’importance de l’humus. « Plus on va avoir de fabrication d’humus en surface, plus il y aura de structuration sur un terrain très argileux comme celui-ci. »
Or, la présence d’humus est notamment le fait de l’activité des vers de terre, dont il valorise la présence. « Leurs galeries permettent d’accroître l’oxygénation du sol et d’y infiltrer de l’eau », explique-t-il. Du doigt, il pointe des turricules – les excréments des vers de terre. « C’est de l’engrais en barre ! » Détaillant les grandes familles de lombrics et leur rôle dans les différentes couches du sol, il ajoute : « tous ces vers de terre ont la possibilité de solubiliser le sol et de lui faire gagner en matière organique ».

Des champignons pour la réserve hydrique

L’humus étant le résultat d’une décomposition de la matière organique, Stéphane Burgin présente aux viticulteurs un autre test aidant à évaluer l’avancement de ce phénomène. Il est effectué au moyen d’eau oxygénée, qui mousse plus ou moins selon les échantillons. « Si vous faites ce test et que vous ne voyez pas de réaction, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de matière organique, mais parce qu’elle est à un statut plus avancé, plus proche de l’humus », explique-t-il. Une autre démonstration est effectuée avec de l’acide chlorhydrique afin de déterminer la présence de calcaire actif, qui peut bloquer les éléments apportés au sol.
Au cours de la réunion, l’animateur technique aborde également la question des champignons. S’ils peuvent représenter un danger pour les cultures, ils ont un intérêt pour le sol, où ils permettent d’augmenter la réserve hydrique. « Plus je vais apporter de matière organique au sol, et plus je vais avoir de champignons », explique Stéphane Burgin. Ils sont une composante essentielle de la vie du sol, comme de nombreuses bactéries dont l’importance est encore méconnue. « On ne connaît que 25% des échanges bactériologiques du sol… » Preuve que ce qui est sous nos pieds est encore source de grands mystères, y compris pour l’action sur les cultures. Grâce à cette réunion, les viticulteurs auront pu mieux les comprendre.

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