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L’ ambroisie s’installe en Poitou-Charentes

L’ambroisie est une plante invasive dont le pollen est particulièrement allergisant. Depuis quelques années, la mauvaise herbe est bien présente dans le Poitou-Charentes. Explications avec Marien Lesourd, chargé d’études Santé et Environnement à la Fredon (Fédération de lutte contre les organismes nuisibles) Nouvelle-Aquitaine.

L’ambroisie est tout particulièrement difficile à supprimer dans le tournesol, note Marien Lesourd.
© Guillaume de Werbier
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L’ARS Nouvelle-Aquitaine et la Fredon ont récemment communiqué sur la nécessité de se mobiliser face à la prolifération de l’ambroisie. Quelles sont les caractéristiques de cette plante ?

Il s’agit d’une plante annuelle invasive, originaire d’Amérique du nord. Depuis son apparition en France, au milieu du 19e siècle, elle s’est multipliée et se retrouve sur de nombreux territoires. Il y a trente ans, elle a d’abord été présente dans la Vallée du Rhône. Aujourd’hui, elle est considérée sur ce territoire comme un enjeu de santé publique. Elle pose deux problèmes : le pollen de l’ambroisie est très allergisant, pouvant provoquer des rhinites allergiques, de la conjonctivite, empirer des cas d’asthme… Le pollen est émis durant la floraison en août et septembre. L’autre problème, c’est que c’est une espèce envahissante très concurrentielle pour les cultures.

Comment se propage l’ambroisie ?

Le vecteur principal de transmission ce sont les activités humaines, avec le transport de terre ou de graines contaminées par l’ambroisie, les machines agricoles qui vont d’un champ à un autre. Sa levée dans le sol est échelonnée d’avril à juillet. En ce moment, elle fait des boutons floraux. C’est d’août à octobre qu’elle émet des pollens. Les graines tombent ensuite au sol. Un pied produit 3 000 graines. Quand elle est présente dans un champ, on la voit d’abord à l’entrée, sur le passage de l’engin agricole, d’où sont tombées des graines. L’année suivante, à cause de l’utilisation d’un outil dans la parcelle, on en trouve plutôt sur le bord du champ, et dans les années qui suivent ça peut envahir la parcelle. Par exemple dans du tournesol, 10 pieds d’ambroisie/m2, ça entraîne une perte de rendement de 3 qx/ha. Dans du maïs, ça peut aller jusqu à 50 % de perte de rendement !

Comment freiner sa progression ?

Il n’y a pas beaucoup de solutions pour la détruire vraiment, surtout que les graines d’ambroisie sont capables de germer pendant plusieurs années. C’est sur tournesol que la lutte contre l’ambroisie est la plus difficile, car il y a peu d’herbicides compatibles, l’ambroisie étant de la même famille de plantes que le tournesol. Mais de toute façon, les stratégies chimiques ont leurs limites. Aux États-Unis, l’ambroisie a développé, à certains endroits, des résistances au glyphosate. Sur un sol où on sait qu’il y a des graines d’ambroisie, il faut éviter de faire du tournesol et préférer des cultures d’hiver. La lutte en interculture après une culture d’hiver est donc importante pour éviter d’augmenter le stock de graines.

Y a-t-il de l’ambroisie en Poitou-Charentes ?

L’invasion a commencé dans les années quatre-vingt dix en Charente. Mais le stade d’infestation a plutôt démarré entre 2005 et 2010. Elle est présente également en Charente-Maritime, à l’est de Saintes et au nord de Jonzac. Dans les Deux-Sèvres, c’est une zone allant du Mellois jusqu’à Niort qui est concernée. Et dans la Vienne, c’est parti du sud, dans le Civraisien, pour gagner le secteur d’Availles-Limouzine, mais aussi, plus au nord, une zone autour de Chauvigny.

Pour signaler des zones infestées : www.signalement-ambroisie.fr

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