Aller au contenu principal

Une haie citoyenne et utile à Empuré

L'implantation d'une haie champêtre a été réalisée sur une parcelle de Florence Thivet et Baldo De Leon, agriculteurs bio à Empuré. Une quarantaine de volontaires, d'adultes en formation ou d'étudiants était à l'ouvrage le 9 décembre afin de planter 850 plants.

Dans le froid glacial et venté du nord Charente, ils étaient une quarantaine de courageux à attaquer le chantier à 9 heures du matin le mardi 9 décembre sur une parcelle agricole d'Empuré.

En plus des gants et des bonnets, les bottes étaient tout aussi indispensables pour arpenter dans les meilleures conditions la terre grasse et ultra-collante de la parcelle agricole et y planter les 510 mètres linéaires d'une haie de 850 arbres et arbustes, à majorité d'origine locale.

Sur place, on retrouvait des bénévoles de Terre de Liens, de l'épicerie sociale de Mansle, mais aussi des apprentis en BPA Travaux d'aménagement paysager, du CFA de l'Oisellerie, ainsi que des stagiaires en formation adulte du CFPPA. Une vingtaine d'essences d'arbres ont été implantées (chênes, érables champêtres, noisetiers, buis, fusain, cormiers et cornouillers sanguins...) auxquelles ont été adjointes 16 tonnes de paillage pour assurer au mieux leur prospérité. « La paille permet de garder l'humidité du sol et d'empêcher la concurrence des herbacés », explique Allan Peridy, technicien chez Prom'Haies.

L'opération est financée à 80 % par la Région Poitou-Charentes et les 20 % restant par Terre de Liens.

Plusieurs intérêts

Pour bien comprendre la genèse de ce chantier, il faut revenir quelques années en arrière, lorsque Florence Thivet et son compagnon Baldo De Leon sont en quête de terres à louer pour réaliser leur rêve d'installation. Après avoir trouvé un projet à développer à Courcôme, ils font appel en 2009 à Terre de Liens pour acheter 10,5 hectares de terres afin de cultiver les céréales bio qui leur permettent de confectionner leur pain, brioche et autres pâtes, ainsi que des légumes secs écoulés par le GIE de Chassagne, et asseoir la pérennité de leur projet. L'association Terre de Liens qui accompagne les projets d'achats collectifs et solidaires de foncier pour préserver les terres agricoles lève alors 100 000 EUR auprès de citoyens engagés du territoire et réalise l'acquisition des terres qui seront louées au couple à travers un bail rural environnemental.

Quelques années plus tard, cette plantation de haie organisée par Terre de Liens Poitou-Charentes et Prom'Haies n'est que l'aboutissement logique d'une démarche agro-écologique et environnementale globale. « Nous avons 30 hectares de terres morcelées, raconte Florence Thivet. L'inconvénient, c'est que nous sommes entourés d'agriculteurs conventionnels. Ces haies vont nous permettre de nous protéger des traitements phytosanitaires ». Au-delà d'une zone tampon, l'intérêt est multiple. « Il est faunistique car on recrée de l'habitat pour différentes espèces », affirme Pierre-Marie Moreau, de Terre de Liens. Notamment, l'Outarde Canepetière qui a élu domicile dans le secteur. Cette espèce d'oiseau a besoin d'être protégée. Il existe aussi un profit agronomique. En effet, les haies abritent les cultures des vents, elles limitent l'érosion et le ruissellement de l'eau. Elles constituent des refuges pour les insectes auxiliaires et les insectes pollinisateurs. « On retrouve aussi un aspect lien social dans cette démarche, conclut Pierre-Marie Moreau. Ce chantier permet de faire se rencontrer différents publics ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Alexandre Culot propose des "Kaps Burgers", qui sont fermés, mais aussi des frites belges, cuites dans la graisse de bœuf.
Burgers et frites belges made in Poitou
Si les burgers sont souvent associés à de la cuisine industrielle, Alexandre Culot s'efforce, lui, de démontrer qu'il est…
Robert Franchineau a été très actif dans la défense du melon du Haut-Poitou, ici (à droite) lors du lancement de la campagne à Rungis, en 2013, avec l'Académie des maîtres du melon, qu'il a présidée. 
Le patron des melons s'en est allé
C'est avec stupeur que le monde agricole de la Vienne a appris cette semaine le décès de Robert Franchineau. Ce melonier du nord…
Emmanuel Rérolle réduit sa vitesse de conduite pour limiter la consommation de carburant.
Si chère énergie...
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la flambée des prix des carburants fragilise de nombreux secteurs d'activité…
Fabien Pichon a perdu
5 animaux et presque toutes ses brebis ont avorté.
Il a été touché par la FCO 3 et la FCO8

Sur son exploitation de Smarves, alors qu'il n'était d'ailleurs pas encore installé et qu'il était en train d'agrandir son…

Infirmiers et infirmières de l'association Asalées manifestaient le fin mars devant la préfecture de Poitiers et rejoints par des patients et des médecins adhérents.
Asalée veut continuer d'exister
Comme dans toute la France, des médecins et infirmiers de la Vienne manifestaient récemment pour affirmer leur soutien à l'…
Les dégâts de sangliers ont augmenté de 40 % en un an.
Chasse : vers une modification de la contribution territoriale dégâts

Face à la hausse des dégâts de sangliers, la fédération des chasseurs des Deux-Sèvres se voit dans l'obligation de faire…

Publicité