La première unité d’un agriculteur charentais fonctionne enfin !
Thierry Paponnet est le premier agriculteur de Charente à avoir mis en fonctionnement une unité de méthanisation à La Chapelle. Elle
produira 1,4 mégawatt d’électricité à plein régime et sera alimentée pour moitié par les déchets agricoles de son exploitation.


L’exploitant agricole de La Chapelle a poussé un grand soupir de soulagement lors du raccordement par EDF de son unité de méthanisation au mois d’octobre dernier ! « Je suis content même si maintenant il se pose un certain nombre de problèmes de réglages et toute la gestion technique qui est pointilleuse. Ce n’est pas aussi simple qu’on vous l’explique au départ », dit-il.Le projet avait été imaginé dès 2006 et le moins que l’on puisse dire c’est que l’édification de la première unité de méthanisation initiée par un agriculteur de Charente n’aura pas été un long fleuve tranquille. De l’eau a coulé sous les ponts depuis la première étude de marché en 2006, l’obtention de l’autorisation d’exploiter en 2010, l’installation du premier digesteur en 2013 et le raccordement en cette fin d’année. Le tout pour un coût total de 3,5 millions d’euros ! Le financement de la construction et de la mise en fonctionnement de l’unité de méthanisation a connu, elle aussi, de multiples péripéties. Au final, elle s’établit ainsi : un tiers (plus d’un million d’euros) de fonds propres avec l’apport d’un fonds spécialisé dans les énergies renouvelables appelé Methanor (725 000 €), et les deux tiers restants (environ 2,2 millions d’euros) financés par un pool bancaire composé de la BPI France (anciennement Oseo), de la Banque Populaire et de la Société Générale. Donc, pas de fonds publics pour ce projet.
Assurer le flux de déchets
La montée en régime de cette grande installation va se faire progressivement pour atteindre 1,4 mégawatt par an en vitesse de croisière. « J’ai une autorisation pour recevoir 38 000 tonnes de déchets maximums par an », dit-il. La moitié proviendra de son exploitation de 340 ha, qui produit essentiellement des céréales avec 6 ha de vignes : de la paille, des intercultures et des résidus de séparation des grains. Le reste sera collecté par des prestataires auprès des collectivités au niveau départemental : des déchets organiques agroalimentaires en grande partie, un peu de boue de station d’épuration, des déchets de silos, des lots de céréales impropres à la consommation, de l’huile de friture…Ainsi, sur le million d’euros de chiffre d’affaires prévisionnel de l’unité exploitée par la SARL Actibio dont Thierry Paponnet est l’actionnaire majoritaire, 80 % seront couverts par la production d’électricité dont le prix a été fixé pour 15 ans, le restant par la production de chaleur pour faire de l’engrais organique. L’agriculteur prévoit d’ailleurs d’embaucher quatre salariés à plein temps pour faire fonctionner le site qui recevra des déchets sept jours sur sept. Avec un recul de fonctionnement de seulement deux mois, l’exploitant ne peut pas tirer de bilan sur la rentabilité de l’unité (voir encadré) mais il reste confiant. « Le plus important est de garantir et de sécuriser le flux de déchets pour un fonctionnement optimal, dit-il. Le coût de l’entretien, je l’ai prévu au départ. Bien sûr, il faut faire attention à la fiscalité. Après la méthanisation, ce n’est pas la panacée ! »