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Stockage de l'eau agricole
L’accès à l’eau, un levier pour accélérer la transition agroécologique

Alexis Pernet et Vincent Bretagnolle, scientifiques chercheurs, participent au comité scientifique et technique mis en place par le protocole d’accord pour les réserves du bassin de la Sèvre niortaise. Ils expliquent pourquoi.

Deux-Sèvres; Vincent Bretagnolle, CNRS; Alexis Pernet, Paysagiste
Vincent Bretagnolle et Alexis Pernet veulent croire en la possible approche systémique de l’agriculture.
© Christelle Picaud

Pourquoi êtes-vous membres du comité scientifique et technique mis en place par le protocole d’accord des réserves de substitution de la Sèvre niortaise ?

À cette question, Vincent Bretagnolle, biologiste, directeur de recherche au CNRS, et Alexis Pernet, paysagiste, enseignant chercheur à l’école du paysage de Versailles, apportent la même réponse : « Ce projet est le seul aujourd’hui qui permette d’explorer l’hypothèse de travail selon laquelle, par un levier – ici l’accès à l’eau - on va pouvoir, en associant d’autres leviers, accélérer la transition agroécologique sur ce territoire ».

Outre la vérification de l’hypothèse, les deux chercheurs sont intéressés, pour des raisons qui leur sont propres, « par l’approche systémique qu’impose un tel objectif ». Comprenez : les engagements individuels doivent être complémentaires. Ils sont au service de la finalité collective négociée en amont de la signature du protocole d’accord.

« Ce projet est le seul aujourd’hui qui permette d’explorer l’hypothèse de travail selon laquelle, par un levier – ici l’accès à l’eau - on va pouvoir, en associant d’autres leviers, accélérer la transition agroécologique sur ce territoire ».

Concernant l’aménagement paysager des réserves, ce principe impose non pas de masquer individuellement les ouvrages, mais de travailler à leur intégration dans le paysage du bassin de la Sèvre niortaise qu’Alexis Pernet qualifie « d’ordinaire » en comparaison « des paysages emblématiques du Marais poitevin ». Pour ce faire, la réflexion entre les acteurs de terrain et les actions développées devront concourir à la création « d’une cohérence entre les différentes composantes de l’unité paysagère que sont les vallées, les vallons, les zones boisées et de plaines ainsi que les réserves qui sortiront de terre ».

Seule une approche collective de la transformation des espaces permettra ça. Les ateliers paysagers, outils proposés par l’enseignant-chercheur, ont vocation à susciter chez les agriculteurs ce schéma de pensée attendu par les signataires du protocole.

Il faut aller vers la création d’une cohérence entre les différentes composantes de l’unité paysagère que sont les vallées, les vallons, les zones boisées et de plaines ainsi que les réserves qui sortiront de terre », recommande Alexis Pernet.

En s’impliquant « à titre individuel », tient à préciser Vincent Bretagnolle, dans le comité scientifique et technique (CST), émanation de l’initiative singulière qu’est le protocole d’accord sur les réserves, il souhaitait apporter « les garanties offertes par les programmes de recherche » qu’il a conduit ces dernières années. Convaincu que « l’agroécologie, bien plus que l’agriculture 2.0 », est la solution au réchauffement climatique et une réponse aux attentes sociétales, Vincent Bretagnolle promeut, dès qu’il le peut, les conditions techniques de sa réussite. « Dans le CST, je suis venu apporter des garanties. Pour qu’un écosystème fonctionne, il faut baisser de 50 % minimum l’utilisation des pesticides. J’affirme que cette baisse est crédible à l’échelle des territoires, ce qui ne veut pas dire simple à faire, sans que les agriculteurs ne se retrouvent au chômage ».

À ce niveau de baisse, le chercheur affirme qu’il faudra ajouter un travail sur la réintroduction des prairies dans les rotations pour relancer les écosystèmes. « Alors nous avons de bonnes raisons d’espérer augmenter de manière significative la biodiversité des pollinisateurs ».

« Dans le CST, je suis venu apporter des garanties. Pour qu’un écosystème fonctionne, il faut baisser de 50 % minimum l’utilisation des pesticides. J’affirme que cette baisse est crédible à l’échelle des territoires - ce qui ne veut pas dire simple à faire -, sans que les agriculteurs ne se retrouvent au chômage », note Vincent Bretagnolle.

Le scientifique qui met à la disposition de ceux qui le veulent les résultats de ses recherches veut donner du crédit à l’idée que l’agroécologie compte parmi les solutions viables qui se profilent, y compris pour l’agriculture et les agriculteurs, qui ne sont pas toujours convaincus. « Ce que je sais aussi, c’est que l’agroécologie dépend d’une approche systémique des milieux. À l’échelle des territoires, cela implique que les agriculteurs travaillent ensemble, se mettent d’accord sur la contribution de chacun à la création des conditions nécessaires à la vie de cet écosystème fonctionnel ».

Ceux qui cultivent auront besoin des éleveurs et vice versa. Ceux qui pratiquent l’agriculture conventionnelle auront besoin de ceux qui sont en agriculture biologique. « Faire naître et coordonner ce projet agricole de territoire et créer les conditions de la complémentarité entre les un et les autres sont nécessaires. La Coop de l’eau défend cette idée. De la mise en place de cette organisation dépendra la réalisation ou non du projet », pose Vincent Bretagnolle.

Alexis Pernet veut croire en son aboutissement : « Il y a sur ce territoire du bassin de la Sèvre niortaise des ressources de qualité et complémentaires. On a des modes opératoires d’actions favorables à la biodiversité éprouvés par le Parc du Marais poitevin ; on a le recul des travaux de toute la zone atelier de la plaine de Niort ; on a l’inventivité sociale qui caractérise le pays mellois ; et aussi une culture de la coopération très forte dans le Niortais. Avec tous ces ingrédients, on peut passer à l’action. Tout est là ».

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