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Alimentation
Ça roule pour le commerce ambulant

Les camions-magasins ne se cantonnent plus seulement aux marchés de places de village. Food trucks, épiceries mobiles ou échoppes alimentaires spécialisées sur roues : le commerce ambulant se réinvente partout, avec un succès certain.

Même si elle vend tous les produits d’épicerie standards et des produits ménagers, c’est la charcuterie, vendue au détail, qui a le plus la côte dans le camion de Pépette.
© CH.P

En posant ses valises à Saint-Pardoux, il y a quelques années, Pauline Ruault débarque dans un village sans commerces, dont l’épicier s’apprête à prendre sa retraite et la seule boulangerie du coin dessert neuf communes. « Il faudrait acheter un camion et vendre des légumes, de la viande… », lance-t-elle en rigolant à son conjoint. En 2019, sa boutade prend la tournure d’un vrai projet de reconversion professionnelle, appuyé par la CCI et Pôle emploi, jusqu’à se concrétiser à l’été 2020 avec son camion L’épicerie de Pépette. « Je stationne très peu au même endroit et me rends vraiment à domicile, un petit coup de klaxon pour signaler mon arrivée et les gens sortent récupérer leurs marchandises. Pour une personne âgée, voire en fauteuil roulant, faire 800 m jusqu’à un point de RDV est difficile. Là je me déplace jusqu’à eux ».

Quantité, qualité et lien social

Château-Bourdin, Saint-Pardoux, Soutiers, Adilly, Saint-Marc-la-Lande, Allone, Azay, mais aussi Saint-Lin, Vouhé, Verruyes ou Fénery et Saint-Aubin, Pauline alias « Pépette » sert 30 à 40 clients par jour, avec un coup de feu le samedi matin. Ses clients sont aux anges : « Il faut que son épicerie perdure, s’exclame Christelle, croisée devant l’étal de Pépette un mercredi à la sortie de l’école de Saint-Pardoux. Qualité, quantité, prix : tout y est. Il n’y a plus besoin de faire des kilomètres jusqu’aux grandes surfaces de Parthenay. Pendant le confinement c’est particulièrement pratique, et ça fait une sortie agréable au milieu du télétravail ». Pauline, de son côté, ne voit que des atouts à sa reconversion : « j’ai acheté le camion d’occasion. Côté investissement, mon projet se tient. Et les gens que je rencontre sont tellement sympas ! Ça a pris tout de suite, et ça va en s’accroissant ». Les produits les plus prisés sont la charcuterie, pour laquelle Pauline dispose d’une trancheuse. Ses propositions de plateaux pour raclette et de produits de poissonnerie, réservables à l’avance sur Facebook, ont aussi suscité l’engouement. « Je vais progressivement développer les commandes à l’avance sur Internet, pour être plus efficace ensuite dans mes tournées ».

Restaurant à roulettes

À Saint-Pardoux également, un autre commerce sur quatre roues a pris ses habitudes : le Burger Van d’Alexandre Charron. Après quatre ans de préparation, l’ancien commercial se lance. En s’inspirant du camion à pizzas de sa sœur, le jeune parthenaisien crée son restaurant ambulant de burgers à emporter. « C’est l’inverse de la malbouffe, indique-t-il. Nous hachons la viande sur place, nous nous fournissons en bovins français via le grossiste local La viande à Parth’ ». Animé du plaisir de cuisiner, Alexandre est heureux de proposer la vente de ses hamburgers gourmands (de 18 h à 21 h 30) dans des communes où ce type de produits n’existent pas. Grâce au bouche-à-oreille, des habitués reviennent, on fait appel à lui pour des événements (mariages, séminaires…) dans lesquels ses burgers au bœuf, au poulet, canard ou encore fromage de chèvre sont très appréciés. Parce que ça marche, et pour réduire les charges, il a créé une franchise, formé un employé et ainsi lancé une seconde remorque à Bressuire. Le commerce ambulant a trouvé son public, qui apprécie qu’on vienne jusqu’à lui pour lui apporter saveurs et convivialité.

Un débouché supplémentaire pour les producteurs locaux

Alexandre Charron met un point d’honneur à travailler avec des producteurs situés dans un rayon le plus restreint possible, sans négocier les prix : fromage du Gaec La Barotière, magret de canard Gaillard de Ménigoute… Un jour qu’il annonce une rupture de stock du burger de poulet sur Facebook, la productrice de volailles en plein air Aurélie Piot, de Mazières-en-Gâtine, l’appelle pour lui proposer de la viande. S’en suit une nouvelle collaboration. Aurélie, qui a monté l’atelier de transformation et magasin Nature Gâtine, crée ainsi une recette de poulet pané insérable en l’état dans le burger. « J’en fournis 80 par semaine à Alexandre, soit 10 poulets. Ça ne fait pas de gros volumes, mais bout à bout, avec la régularité, ça compte. Nous jouons ensemble la carte du local. On se ramène mutuellement des clients ». Même son de cloche du côté de Pépette et de son épicerie, où se déclinent pour l’instant des viandes, charcuteries et fromages du coin. « Si la demande en légumes locaux, ou bio, se manifeste, j’irais chercher les produits qui y répondent », se tient prête la jeune entrepreneuse.  

 

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