Cyclair : la version 7 m du robot bientôt prête
Mardi dernier, Cyclair organisait sa toute première journée technique. L'occasion d'échanger avec les agriculteurs et structures qui ont testé ou participé à des expérimentations avec le robot de désherbage mécanique, en 2024.
Mardi dernier, Cyclair organisait sa toute première journée technique. L'occasion d'échanger avec les agriculteurs et structures qui ont testé ou participé à des expérimentations avec le robot de désherbage mécanique, en 2024.

Alors que la version 7 m du robot désherbeur de Cyclair ( le GW) devrait être opérationnelle dans moins d'un mois, l'entreprise de Pressac travaille à améliorer son process. "Nous avons fait des expérimentations en 2024, avec Centre Ouest Céréales, le lycée agricole de Venours et chez des agriculteurs, et nous avons besoin de leurs retours et remarques" explique Sébastien Gorry. Le fondateur de Cyclair, qui compte aujourd'hui une trentaine de salariés ajoute que "les agriculteurs sont actuellement confrontés à de très nombreux challenges". Pour mémoire, le premier robot (le GS) est sorti en janvier 2023, et 7 prototypes ont été utilisés en 2024 pour les expérimentations sur du maïs, tournesol et colza. En dehors des molécules qui sont amenées à disparaître, les contraintes climatiques, et surtout l'excès d'eau, se sont ajoutées en 2024, ce qui a aussi impacté ces essais. "La banque d'images que nous avons entrée dans l'intelligence artificielle qui permet au robot de reconnaître les cultures en place et les adventices a beaucoup progressé" explique Marie Fuseau, ingénieure agronomique chez Cyclair. Pas moins de 150 000 images pour le maïs, 280 000 pour le tournesol et 350 000 pour le colza sont utilisées par la caméra installée sous le robot, pour le déploiement des outils. Celle installée devant, qui permet au robot de naviguer, dispose, elle, de 75 000 images pour le maïs, 140 000 pour le tournesol et 175 000 pour le colza. "La saison 2024 a permis d'identifier des problématiques, et nous a permis de faire des modifications qui ont été utilisées en septembre pour le colza. Ces essais ont donc été plus concluants" détaille Marie Fuseau. "On voit que 2 passages, ce n'est pas forcément suffisant. On a fait jusqu'à 4 passages". Après chaque passage, c'est l'IA qui fait une préconisation pour la date de la prochaine intervention, en estimant la pousse des adventices qu'elle a vu. Pour que les échanges avec les agriculteurs, les techniciens ou responsable du lycée de Venours soient concrets, deux ateliers leur étaient proposés, mardi dernier: un pour leur détailler les applications de gestion et de suivi, et un autre avec les résultats des expérimentations, mais aussi une démonstration du GS. Une serre a été installée à proximité de l'entreprise, et du maïs y a été implanté, afin de réaliser des tests en toute saison. Mardi dernier, la démonstration a ainsi bien pu montrer comment fonctionne l'outil de désherbage intrarang. En plus des outils déployés sur la longueur du rang, un autre intervient perpendiculairement au rang, entre chaque pied (voir la vidéo). En déployant cet outil, la vitesse est de fait ralentie à 0,3 m/seconde. "En 2025, c'est sur cet outil intrarang que nous allons travailler" ajoute Sébastien Gorry. À noter que la version GW (qui fait 7 mètres de large) permettra d'intervenir sur 3 rangs en même temps, et disposera donc de 12 outils. Ce robot devrait peser 3,5 tonnes (contre 1,8 pour la version GS), avec des pneus basse pression, pour réduire la charge au sol.
À noter qu'actuellement, le robot ne peut pas intervenir de façon totalement autonome. "Le certificat d'autonomie devrait être obtenu en 2027. Actuellement, l'utilisateur doit donc rester aux commandes. Mais à terme, il ne devrait y avoir qu'un superviseur, qui gère une flotte de robots".