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Du maïs sous couvert de méteil

À Saint-Pierre-d’Amilly, la FDCuma des Charentes organise depuis l’automne dernier un essai de semis direct de maïs sous couvert de méteil. L’objectif est de favoriser la biodiversité et d’améliorer la fertilité du sol.

Côme Darchis et Hervé Gaborit, inspectant le travail réalisé par le semoir.
Côme Darchis et Hervé Gaborit, inspectant le travail réalisé par le semoir.
© AC

Penchés sur le champ de méteil, le regard tourné vers le sol, Côme Darchis et Hervé Gaborit inspectent le travail effectué par le semoir passé quelques instants plus tôt. Le premier, animateur et conseiller machinisme-environnement de la Fédération des Cuma des Charentes, creuse à l’aide de son couteau la terre humidifiée par quelques millimètres de pluie la veille pour y retrouver les semences de maïs qu’il désigne au second, propriétaire de cette parcelle de 9,5 ha située sur la commune de St-Pierre-d’Amilly. Sur la ligne de semis, la densité est fixée à 14 cm, avec une profondeur de 3 à 4 cm pour les semences. Des chiffres qui se vérifient à mesure que l’inspection progresse.
Les deux hommes sont bientôt rejoints par d’autres agriculteurs du secteur, venus également découvrir les résultats de cet essai de semis direct de maïs sous couvert végétal en agriculture de conservation des sols. Sur une partie de la parcelle, le méteil (ici composé essentiellement d’avoine, de féverole, de vesce et de trèfle) a été récolté, tandis qu’il est encore sur pied dans une bande en bord de champ. Là, où il approche du mètre de hauteur, on observe des fleurs, quelques épis : une flore florissante qui accueille une faune bourdonnante. Pile dans les objectifs d’Hervé Gaborit, qui souhaite « enrichir et redonner de la vie au sol ». « Ce qu’on recherche, c’est la biodiversité, explique-t-il : insectes, vers de terre, champignons… » C’est la première année qu’il mène ces essais, dont l’objectif est d’améliorer l’agronomie de ses parcelles. Il compte pour cela allonger les rotations, cesser autant que possible le travail du sol et ne plus jamais le laisser nu. L’objectif est à terme de limiter aussi les apports d’engrais. Le maïs semé est accompagné d’un peu de starter, « pour qu’il germe plus rapidement et soit plus résistant face aux ravageurs », selon Côme Darchis.
Dans un département touché par les restrictions d’eau, la méthode employée présente quelques intérêts. Au-delà de son simple rôle de couvert, le méteil travaille la terre et décompose les blocs compacts. « Les racines font le travail des machines », note Thierry Berteau, l’un des agriculteurs présents. Ces fissures microscopiques favorisent l’infiltration de l’eau dans les sols, après un premier filtrage végétal, mais aussi la retenue de l’humidité à la surface. « On peut gagner une semaine ou deux sur les réserves utiles du sol, souligne Côme Darchis. Cela peut faire la différence. » Toutefois, selon lui, « sans irrigation, le semis direct de maïs dans un méteil récolté est compliqué, car il pompe beaucoup d’eau et s’il n’y a pas de précipitation conséquente, cela peut être préjudiciable pour la réussite du maïs ». La parcelle d’essai est irrigable, ce qui permettra de comparer les volumes employés aux résultats obtenus.

Repérer les espèces et les méthodes adaptées
L’exercice entre dans le cadre d’un essai agronomique sur les couverts végétaux, organisé par la FDCuma. « Nous avons mis en place un groupe d’accompagnement avec une dizaine d’agriculteurs sur le secteur, explique Côme Darchis. Le but, c’est de faire le tour en trois ans, que chaque agriculteur puisse faire ses essais pour être ensuite autonome sur le plan technique. » Un mode de fonctionnement qui permet de multiplier les tests sans que les agriculteurs ne mettent trop en danger leur capacité de production. « L’objectif, c’est de voir quelles espèces et quelles méthodes seraient les plus adaptées », ajoute Côme Darchis. Un profil du sol a donc été établi pour les participants à l’automne dernier, suivi par la mise en place des couverts d’hiver. Après la phase de surveillance des semis de maïs – l’objet du rendez-vous du jour – viendra le temps de travailler sur les couverts d’été. L’expérience visera notamment à travailler sur l’assolement et les rotations, pour avoir des successions de cultures intéressantes et mieux gérer les adventices. « Le but, c’est de casser leur cycle », signale l’animateur de la FDCuma.
Les résultats agronomiques, sur la fertilité des sols, la présence d’humus et le stockage de carbone, seront aussi scrutés attentivement. La FDCuma s’intéressera aussi au cœur de son métier : l’aspect matériel. L’investissement et le coût global (machines, gasoil, mais aussi temps de travail) des méthodes proposées seront calculés avec soin, pour pouvoir « proposer quelques règles pour se lancer dans ces techniques-là ». Les agriculteurs présents ont tous en commun de travailler avec des Cuma : le matériel employé ce jour-là en vient aussi (le tracteur est propriété de la Cuma ‘‘L’Entente’’ de St-Pierre-d’Amilly, et le semoir de la Cuma ‘‘La Meurlette’’ de Vouhé). Le suivi de l’expérience se fait en coopération avec l’ingénieur agronome Aubin Lafon, qui suit plusieurs autres essais. Au niveau de la FDCuma, un autre groupe s’est mis en place dans le Nord-Charente, pour tester un système similaire mais dans des conditions d’élevage pur, avec par conséquent une intensification du méteil et un travail sur la diminution des charges d’alimentation du troupeau. Des échanges sont envisagés pour enrichir les expériences des uns et des autres. « On réapprend les techniques, le système, conclut Côme Darchis. Ce n’est pas simple, mais c’est passionnant. »

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