Il croque les villes en aquarelles
Emmanuel Denis-Touron, journaliste à Niort vient de publier un livre d'aquarelles sur la ville où il a débuté sa carrière, Poitiers.

Il a troqué sa plume pour des pinceaux. Enfin, en partie, puisqu'Emmanuel Denis-Touron écrit toujours chez nos confrères de la Nouvelle République, à la rédaction de Niort. Mais depuis une vingtaine d'années, des crayons de dessins, puis des pinceaux se sont fait une place dans sa trousse. « J'ai commencé par le crayon. Je faisais des croquis dans la rue. Et puis, j'ai eu envie de mettre de la couleur ». Lui qui n'a jamais suivi de cours avoue avoir beaucoup tâtonné avant d'être satisfait par ses œuvres, et a finalement choisi l'aquarelle, pour la facilité de transport. « Quand j'ai envie que les couleurs flashent un peu plus, j'ajoute un peu d'acrylique. Ou à l'inverse, de l'encre de Chine, pour faire des ombres ». Après avoir réalisé des paysages variés, il s'est attaqué aux décours urbains, avec Niort. Des œuvres qui ont été rapidement repérées par Geste Éditions, qui lui a demandé d'en faire un ouvrage sorti en 2021. Quelques expos plus tard, notamment à Port Boinot, il a vite eu envie de ressortir les pinceaux, et c'est vers Poitiers qu'il s'est dirigé. Une ville que le journaliste connaît bien, pour y avoir exercé de 1994 à 2008. Et c'est muni de son appareil photo qu'Emmanuel Denis Touron a parcouru les rues à la recherche de points de vue intéressants, emblématiques ou étonnants. Ce qui lui a permis ensuite de réaliser les aquarelles de chez lui.
Presque une bande dessinée de Poitiers
En trois ans, il a peint plus de 120 aquarelles de Poitiers. Des petites toiles carrées d'une trentaine de centimètres à d'autres bien plus imposantes, avec des styles parfois très différents. Quand certaines font penser à des planches de bande dessinée, d'autres sont bien plus proches d'esquisses avec des couleurs plus effacées, et certaines sont même sans couleur. Une liberté dans la création, les techniques et les styles, complètement rafraîchissante ! Et si les personnages sont assez rares dans ces toiles, c'est un peu parce que le peintre ne se sent pas tout à fait l'aise pour représenter des visages, mais surtout parce qu'il craint que la présence humaine sur les tableaux ne concurrence les bâtiments ou paysages. « Quand on ajoute un personnage, ça raconte une autre histoire ». Comme pour Niort, ces toiles ont été publiées il y a quelques semaines dans un livre," Poitiers, Aquarelles, Retour à la ligne ", et exposées il y a quelques jours à la Maison de l'Architecture à Poitiers. Un ouvrage dans lequel on retrouve, en plus de son talentueux coup de pinceau, la plume du journaliste dans des commentaires amusants sur les lieux qu'il a représenté. Des bâtiments patrimoniaux emblématiques de Poitiers à des rues méconnues en passant par la gare ou les quartiers, c'est une représentation quasi exhaustive de la ville qu'il propose. Et alors que ce livre vient tout juste de sortir, Emmanuel Denis-Touron est déjà sur un autre projet. « Ce n'est pas une ville » lâche-t-il. Pour en savoir plus, il faudra guetter si on le voit traîner dans la campagne avec son appareil photo.