Législatives: 5 candidats face aux agriculteurs
Mercredi dernier, la FNSEA et les JA de la Vienne avaient invité les candidats aux législatives à un débat consacré à l'agriculture.

L'idée était d'interpeller les candidats aux législatives sur les questions agricoles. La FNSEA et les JA de la Vienne avaient donc invité les 22 candidats des 4 circonscriptions du département à un débat. Les délais étant particulièrement courts, et les réunions des candidats sur les circonscriptions se succédant actuellement, seuls 5 avaient répondu à l'invitation : Séverine Saint-Pé (Union de la droite, 1ère circonscription), Lisa Belluco (Nouveau Front Populaire, 1re circonscription), Pascal Lecamp (majorité présidentielle, 3e circonscription), Xavier Augay (divers droite, 2e circonscription), et Nicolas Turquois (majorité présidentielle, 4e circonscription). Soit la plupart des partis présents dans la Vienne, à l'exception de Lutte ouvrière et du Rassemblement national. "C'est dommage, le RN parle souvent d'agriculture" regrette Alexis Lebond, directeur des Jeunes Agriculteurs.
Loi d'orientation agricole
Le premier sujet abordé a été la LOA. "C'est une brique indispensable pour le renouvellement des exploitations" a estimé Nicolas Turquois, qui a suivi la construction de la loi en tant que député. "Elle a été votée sans 49.3, avec un vrai consensus" ajoute Pascal Lecamp, qui était l'un des quatre rapporteurs du projet de loi. "Les valeurs qu'elle porte sont celles des Jeunes Agriculteurs" estime-t-il. Lisa Belluco a aussi participé aux débats de la LOA, et elle identifie plusieurs manques dans ce texte. "Il n'y a rien sur le foncier ni sur les revenus" regrette-t-elle. "J'ai soutenu la déspécialisation des territoires, et le fait de reconnaître l'importance de l'élevage, qui façonne nos paysages et contribue au stockage de carbone". Pour Séverine Saint-Pé, défendre la souveraineté alimentaire est une évidence, mais "il faut aller plus loin". La candidate souligne l'importance de la recherche pour par exemple proposer des solutions lors de projets de retrait de molécule. "Aller vers la défense de l'environnement et le développement durable, OK, mais il ne faut pas que ça empêche les agriculteurs de travailler. Ils ont besoin de vrais conseils". Xavier Augay estime quant à lui que la LOA "apporte des réponses, mais pas assez. Il ne faut rien lâcher !"
Eau
Autre sujet, incontournable dans le département, celui de l'eau, avec notamment les projets de réserves de substitution, et leurs opposants. "Je ne suis pas contre le fait de stocker l'eau, mais contre les réserves comme elles sont conçues aujourd'hui" a lancé Lisa Belluco. "Il faut récupérer l'eau qui ruisselle, et engager des modifications pour permettre à l'eau de mieux rentrer dans les sols". La député sortante a aussi défendu l'étude Hmuc, qui selon elle "pourrait permettre d'adapter l'agriculture à la baisse de disponibilité de l'eau".
Pour Nicolas Turquois en revanche, ces solutions de stockage sont "le meilleur compromis entre la gestion du milieu et la préservation de la production des agriculteurs". Le candidat de la 4e circonscription insiste aussi sur la nécessité d'une gestion qui intègre l'échelon public, dans la mesure où du financement public y est associé. "Il faut une prise de conscience collective de la nécessité de l'eau pour la souveraineté alimentaire" estime Séverine Saint-Pé, qui a aussi évoqué les inquiétudes d'entreprises comme Cérience. "Il faut évidemment prendre en compte tous les usages de l'eau, sans oublier l'agriculture. Le souci, c'est qu'il y a souvent un peu d'idéologie dans les oppositions. Il faut faire confiance à la science et la recherche qui va permettre de faire évoluer les techniques culturales". Pour Xavier Augay, "il faut faire confiance aux agriculteurs, qui savent l'usage dont ils ont besoin". Le candidat estime aussi qu'il faut miser sur les nouvelles technologies pour trouver des solutions.
Dégradations
Après celui de l'eau, le sujet des dégradations et mobilisations des opposants aux réserves de substitution a évidemment été évoqué. "Dans le sud Vienne et sur le bassin de la Clouère, les mouvements des opposants aux réserves font peur aux agriculteurs" a notamment interpellé Bertrand Lamarche, évoquant aussi des dégradations récentes (sur des lagunes de méthanisation). "Les attaques vers les personnes ou les biens des personnes sont inacceptables. Détruire, c'est un délit ou une infraction, et que ce soit fait dans un sens ou dans un autre" a martelé Lisa Belluco, tout en refusant "d'attribuer des bons ou mauvais points".
Pour Séverine Saint-Pé, "quand on est en démocratie, on respecte la loi" explique-t-elle, avant de regretter un dialogue compliqué avec ces opposants. "Je pense qu'il faut faire des efforts pédagogiques" estime Xavier Augay, qui ajoute qu'il "faut discuter, y compris avec ces opposants".
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