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"Les réserves, c'est la survie"

Les irrigants de Rés'Eau Clain se sont réunis vendredi dernier à l'Agropôle pour leur assemblée générale. L'activité de l'association reste concentrée sur les projets de réserves de substitution prévues sur son territoire.

"Chasse à l'accapareur : les chasseuses de bassines sont prêtes !", "Nous vaincrons tôt outarde". Voilà les phrases taguées sur les murs du bâtiment de la Fédération des chasseurs de la Vienne qu'ont découvert, vendredi dernier en matinée, les adhérents de Rés'Eau Clain, juste avant leur assemblée générale. Signés du mouvement "Les Soulèvements de la Terre", ces messages ont vite fait réagir Bertrand Lamarche, président de Rés'Eau Clain. Il s'est dit "écœuré par ces méthodes. Je suis pour le dialogue. Ils n'ont pas le courage de venir nous parler !". Au même moment, des forces de l'ordre s'étaient positionnées sur le site pour sécuriser le bâtiment, et pour encadrer la mobilisation (finalement restée calme) d'adhérents de "Bassines non merci", opposés aux réserves de substitution, arrivés sur place (lire encadré ci-dessous).

Cet épisode n'a pas empêché Rés'Eau Clain de tenir son assemblée générale. L'association a du pain sur la planche pour les mois à venir, dans ce contexte de préparation des chantiers de construction des réserves de substitution. "L'année va être chargée pour les coopératives de gestion de l'eau", prévient Bertrand Lamarche. On va commencer à activer les signatures des Contrats territoriaux milieux aquatiques (CTMA), avec l'embauche d'un technicien Rivière en janvier prochain pour suivre la restauration des milieux humides, par exemple. Il va falloir qu'on s'investisse dans ces projets. La reformation des zones humides, la renaturation des cours d'eau, sont essentiels pour nous, agriculteurs." Réseau Clain va suivre aussi tous les comités de pilotage des syndicats de rivières.

Le président de Rés'Eau Clain a rappelé que début novembre 2022 était signé le protocole autorisant la création de 30 réserves de substitution dans le bassin du Clain. "Le protocole vaut Projet de territoire pour la gestion de l'eau (PTGE). Pour des raisons administratives de l'Agence Loire Bretagne, nous devons entériner le PTGE. Le préfet nous a garanti qu'on pouvait l'organiser dans le courant de l'année prochaine. Ce PTGE s'appuiera sur l'étude Hmuc (Hydrologie, Milieux, Usages et Climat, qui détermine les futurs volumes d'eau prélevables dans le bassin du Clain) qui devrait aussi être clôturée courant 2024."

Bertrand Lamarche alerte sur le fait que la coopérative de gestion de l'eau de la Clouère "arrive au bout de la durée de ses autorisations pour la construction de ses réserves. Si on ne commence pas les travaux avant le 31 janvier 2025, on devra tout recommencer à 0. Ça serait de l'argent mis à la poubelle. Ce n'est pas entendable. Il va falloir se battre pour créer ce PTGE, et redéfinir au mieux de nos intérêts l'étude Hmuc pour les niveaux de seuils."

Bertrand Lamarche rappelle toute l'importance de l'irrigation sur le territoire. "Je suis associé avec mon frère sur une exploitation de 270 ha. Sans irrigation, un de nous deux serait déjà parti. Si demain, il n'y a pas de réserve, je ne pourrai pas installer un jeune. Il faut avoir ces réserves, c'est la survie."  Trois jours après cette réunion, le tribunal administratif de Poitiers a annulé les autorisations des réserves de la Pallu, mais aussi celles de Aume-Couture. Lire notre article à ce sujet.

 

L'agriculture se soucie aussi de l'eu potable
Dans un communiqué commun (envoyé avant la décision du tribunal concernant les réserves de la Pallu), l'Adiv et la FNSEA de la Vienne expliquent le travail de prospection réalisé sur les forages agricoles abandonnés "afin de les mettre à disposition pour l'eau potable." Ce travail s'est notamment fait suite à la fermeture d'un forage dans le secteur de Cuhon pour des raisons de qualité, et qui faisait donc courir un risque de rupture d'alimentation en eau potable dans ce secteur. "Cette solution de dernier recours n'a pas été utilisée, puisque d'autres leviers ont pu être actionnés par le syndicat d'eau potable." Les syndicats insistent sur cette initiative qui "montre, encore une fois, que le monde agricole prend ses responsabilités et ne se cache pas, face à l'enjeu qu'est la gestion de l'eau". 
 
"On voulait discuter avec les irrigants" 
Une vingtaine d'adhérents de "Bassines non merci" se sont invités aux abords de la Fédération des chasseurs vendredi matin, à l'heure où se déroulait dans ses bâtiments l'assemblée générale de Rés'eau Clain. "On voulait discuter avec les irrigants mais on ne nous laisse pas entrer", regrettait Anne-Morwenn Pastier, porte-parole du collectif de manifestants, installés derrière les locaux de la Fédération des chasseurs, et surveillés par les policiers dépêchés sur place. "Il y a une nécessité d'un moratoire sur les projets de bassines", insiste-t-elle. "Y aura-t-il suffisamment d'eau potable pour les citoyens si ces bassines se construisent? On est en droit de se le demander". Pour les manifestants, ce projet est "une mauvaise farce pour la majorité des agriculteurs: avec la première tranche de construction des bassines, c'est une minorité d'irrigants qui s'accaparent la majorité de l'eau."  Chaque chose en son temps leur a signifié Bertrand Lamarche, président de Rés'Eau Clain, concentré sur son assemblée générale: "Je suis tout à fait à leur écoute. S'ils veulent me rencontrer, ils m'envoient un mail et j'y répondrais avec plaisir"

 

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