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Les simulateurs à la rescousse de la viticulture

Tailler une vigne en réalité virtuelle, c'est une méthode de formation bien moins risquée pour les cépages. Et ce type d'outils de simulation se développe, notamment grâce au travail mené au sein du laboratoire Techné, à l'Université de Poitiers.

Quand on parle de chercheurs qui travaillent sur l'utilisation du numérique dans l'éducation et la formation, on ne pense évidemment pas à l'agriculture. C'est pourtant dans ce domaine que travaille une partie des
20 agents du laboratoire Techné*, basé à l'Université de Poitiers, par le biais du projet Vinum, qui analyse les usages de simulateurs dans la viticulture. Trois appareils sont ainsi étudiés : E-Cab, qui permet de se former à la vendange ; Ampélos, pour la taille de la vigne; et E-Maint. Ce dernier simulateur, qui n'est pas encore opérationnel, permettra de s'entraîner à la maintenance des engins agricoles. Le travail du laboratoire dans Vinum est à la fois de tester ces outils pour les améliorer, mais aussi d'observer comment ils sont utilisés par les élèves et leurs formateurs, pour ensuite donner des conseils sur les méthodes de formation à utiliser. "Toute l'expertise des professionnels de la viticulture ne peut pas être embarquée. Il nous faut donc voir quelle est la meilleure conduite de séance à mettre en place par un enseignant pour obtenir le meilleur résultat" explique Jean-François Cerisier, professeur à l'Université de Poitiers et directeur du laboratoire. Et pour y arriver, la structure dispose d'une salle dédiée, où chaque simulateur peut être utilisé sous l'œil des chercheurs, mais aussi sous l'observation de nombreux capteurs : caméras, détecteurs de l'activité numérique, spaciale et sonore, et même via des lunettes d'eye-tracking. De ces tonnes d'enregistrements, il faut ensuite extraire des informations utilisables. "Une partie de ce traitement est automatisée, mais on part souvent de nos propres impressions en direct". Des exercices qui se font à la fois avec des viticulteurs et des élèves de différents lycées agricoles de la région. Même s'il reste encore 2 années entières de travail, de nombreuses évolutions ont déjà été réalisées. "Par exemple, pour le simulateur de taille de vigne, j'imaginais que la précision de l'image que visualise la personne dans le simulateur n'était pas très importante. En fait, il faut que la texture et la couleur soient très précises".

Pourquoi des simulateurs ?

Évidemment, ces outils ne sont pas des jeux vidéo, et leur rôle est donc clairement de former. "Les spécialistes nous disent que 80 % de la vigne est mal taillée, et que ça occasionne à la fois des problèmes de productivité et à plus long terme de maladies" détaille le chercheur. Utiliser un simulateur peut donc permettre de former avant toute vraie intervention sur un cépage, à l'image de ce qui se fait dans les écoles de médecine, depuis bien plus longtemps. "On peut aussi prévoir plusieurs types de cépages ou d'habitudes de taille" ajoute Aurélien Nguyen, chargé de projets recherche et formation au laboratoire Techné. Des scénarios qui peuvent aussi passer, pour la vendangeuse, par la conduite sur route, afin d'éviter les accidents. "Les professionnels de la viticulture sont très friands de ce type d'outils, car il y a un vrai déficit de personnel qualifié" assure Jean-François Cerisier. 

Et c'est certainement cet enjeu de formation et de tension dans le métier qui a motivé des acteurs privés et publics à entrer dans le consortium Vinum. Aux côtés de plusieurs universités (dont celle de Poitiers), on retrouve des lycées agricoles, MFR, l'institut CEA-List, la fondation Unit, l'Anefa, Simonit & Sirch, et la Maison Hennessy, pour ce projet porté par le Studio Nyx, concepteur de simulateur basé  Angoulême. 

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