" Pas syndiqués mais solidaires "

" On vient sans étiquette syndicale parce qu'on est tous dans le même bateau. Il y a 50 agricultures différentes et on se doute que ça va être compliqué de répondre à tout le monde, mais nous avons des revendications communes comme la demande de reconnaissance et des revenus. Il faut des prix et pas des aides " lance d'emblée Pascal Boureau, céréalier à Angliers. Lundi en fin de matinée, il est arrivé en tracteur avec 7 collègues du loudunais. " C'est un peu à l'initiative de notre Cuma. On a lancé un appel hier soir et improvisé notre venue " affiche Cédric Ribanneau, céréalier et producteur d'asperges.
" On en a marre d'être infantilisés " explique Pascal Boureau qui ne supporte plus les contrôles de tous les côtés. " Les agriculteurs ne seraient pas des gens responsables ? " questionne l'agriculteur révolté. " On n'est pas des ânes et on n'a pas attendu les normes pour réduire les intrants sur nos cultures. J'ai 55 ans et les contrôles, pistolets à la ceinture c'est insupportable" poursuit-il, avant de regretter aussi le temps de la crise sanitaire du Covid, pendant laquelle les consommateurs ont aimé leurs agriculteurs. " Malheureusement ce n'est plus trop le cas et on souffre de l'agri-bashing " confirme Pascal Boureau qui pense évidemment aux jeunes. " Nous n'avons pas de repreneurs. Il faut encourager les jeunes à s'installer mais il faut surtout que nos exploitations soient viables" ajoute-t-il, avant de lancer un appel général : " Faites attention à vos agriculteurs ".