Trois établissements ensemble pour l’élevage de demain
Le lycée Desclaude de Saintes, le lycée de l’Oisellerie d’Angoulême et l’Enilia de Surgères vont mettre leurs efforts en commun pour proposer des formations à destination des futurs éleveurs et de leurs salariés.

« Il n'y aura pas d'agroécologie sans élevage. » Jean-Michel Bregeon, directeur de l'Agrocampus de Saintonge, est catégorique lorsqu'il évoque les enjeux de la transition placée au cœur de l'enseignement agricole par le ministère de l’Agriculture. « Ma conviction, c'est qu'on fera de l'agroécologie en combinant le végétal et l'animal. Sinon, on continuera la chimie. » Un an après son arrivée à la tête de l'établissement agricole charentais-maritime, il dévoile un plan d'actions en faveur de l'élevage laitier, emblématique du département. « L'objectif est de créer un pôle de compétences lait pour mettre en synergie l'EPL de Saintes et l'EPL d'Angoulême, qui ont des élevages laitiers, ainsi que l'Enilia de Surgères et ses outils de transformation. » Grâce à cette association de trois établissements d'expérience dans l'élevage laitier, Jean-Michel Bregeon espère proposer des cursus spécialisés lait « du CAP au BTS en passant par divers CQP, en formation initiale, en apprentissage et en formation adulte ».
Un bac pro et deux CQP
Sur le site du lycée Desclaude, cette nouvelle offre se traduira notamment par l'ouverture à la rentrée prochaine d'un bac pro CGEA spécialisé dans l'élevage. Il sera généraliste, mais, rappelle Jean-Michel Bregeon, les élèves effectueront des stages sur l'exploitation du lycée… spécialisée dans la production de lait. Mais avant les futurs bacheliers, d'autres apprenants pourront découvrir très bientôt deux CQP Lait, l'un pour salarié qualifié (plus polyvalent), l'autre pour salarié spécialisé. « Ce sont des formations moins lourdes que les formations lait classiques », explique Isabelle Gould, chargée de mission au CFPPA de Saintes. « On peut faire un choix par rapport aux modules que l’on souhaite suivre. » Ces deux offres permettront aux formations d’être ouvertes à un maximum de profils, révèle Jean-Michel Bregeon. « Les problèmes sont différents entre quelqu’un qui est à Pôle Emploi et qu’il faut former, et quelqu’un qui travaille déjà sur une exploitation agricole et a besoin d’un complément, sur l’utilisation des robots de traite par exemple. »Expérimenter la ferme 3.0
La diversification, l’adaptabilité à différentes situations seront aussi au cœur du projet de transformation des exploitations laitières des deux lycées participant à l’aventure. Selon cette logique, le troupeau du site de l’Oisellerie, à Angoulême, devrait être converti à l’agriculture biologique, aux systèmes diversifiés et aux races rustiques. « À Saintes, on ferait plutôt la ferme 3.0, avec des vaches à gros potentiel et de la robotique partout », schématise Jean-Michel Bregeon. L’exploitation, qui produit actuellement 700 000 L de lait avec ses 80 vaches, est déjà dotée d’un robot de traite et d’un repousse-fourrage. « Notre prochain investissement, c’est l’automatisation de l’alimentation. » Avec le directeur de l’exploitation agricole, Christian Himonnet, Jean-Michel Bregeon a déjà assisté à des démonstrations de plusieurs systèmes de robots nourrisseurs. En présentant ces deux voies d’évolution de l’élevage laitier, il espère faire évoluer l’image qu’ont les jeunes de ce métier comme étant très, parfois trop, prenant et chronophage.