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Une enquête sur les jeunes en milieu rural

Yaëlle Amsellem-Mainguy est chargée de recherche à l'institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire, qui dépend du ministère de la jeunesse. Elle lance une enquête sur les jeunes en milieu rural et s'appuiera notamment sur les jeunes du Civraisien.

Yaëlle Amsellem-Mainguy est chargée de recherches à l'institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire.
Yaëlle Amsellem-Mainguy est chargée de recherches à l'institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire.
© Marine Nauleau

L'enquête sur les jeunes en milieu rural que vous avez lancée la semaine dernière à Civray fait écho à une précédente enquête. Qu'en est-il ?

Il s'agit de poursuivre la connaissance des jeunes en milieu rural, dans la suite de ma recherche sociologique, publiée en 2021 : "Les filles du coin" (Presses de Sc Po, 2021) qui s'attachait à rendre compte des conditions de vie des jeunes femmes (15-25 ans), dans des espaces ruraux de 4 intercommunalités. Il s'agissait de montrer quelles sont, du point de vue des jeunes femmes, les inégalités entre les milieux sociaux et entre les filles et les garçons.

Qu'est-ce qui était alors ressorti ?

La mobilité est centrale dans les propos des jeunes. Les jeunes femmes en l'occurrence veulent bouger, mais cela demande davantage d'organisation. Et elles ont moins souvent de deux roues que les garçons. L'exemple du sport et des pratiques en club aussi a souvent été cité. Avant l'adolescence, la mixité ne pose pas de problème. Ensuite, les choses se compliquent. Les équipes ne sont plus mixtes, ce qui rend les pratiques sportives plus compliquées pour les filles par manque d'offres et d'entraîneurs. En ruralité, les filles disaient souvent lors de l'enquête : "Ici tu n'as pas le choix, il faut s'adapter !"

Vous étiez la semaine dernière à Civray, dans le cadre d'une rencontre menée par l'Espace Mendès-France et la Mission locale Centre et sud-Vienne intitulée Dialogues en territoires*. Quelles ont été vos premières impressions, sur le territoire et les jeunes ?

J'ai d'abord été étonnée par les caractéristiques de Civray, son offre scolaire, de commerces et d'espaces culturels assez impressionnante : cinq bars, un cinéma, une microfolie, 2 lycées, 2 collèges, 2 écoles primaires. Ce n'est pas du tout représentatif des espaces ruraux en France. Il faut quand même préciser que même si une grande partie des jeunes qui y sont scolarisés, ils ne vivent pas à Civray.

Quelle est la vocation de cette nouvelle enquête ?

Elle s'inscrit dans la continuité des travaux en sociologie de la jeunesse et de la ruralité. Mais cette fois, en partant des récits des filles et des garçons de 15 à 25 ans, sur des sujets tels que la construction des amitiés, des couples, les relations entre les générations mais aussi leurs sources d'information, leurs loisirs, leurs centres d'intérêt et de participation. Plus largement, il s'agit de comprendre comment se jouent pour eux les rapports de genre, de classe et d'âge.

Comment va se dérouler l'enquête que vous menez, avec votre collègue Laurent Lardeux ?

L'enquête va se dérouler dans le Civraisien et la Sarthe. La semaine dernière, nous avons rencontré les jeunes en groupe dans les lycées et à la Mission locale. Le débat était autour des avantages et des inconvénients à vivre en ruralité lorsqu'on est une fille ou un garçon. Nous reviendrons ensuite pour des entretiens collectifs et individuels et des visites de lieux aussi dont les jeunes nous aurons parlé. Là où ils aiment se rencontrer pour mieux comprendre ce qui se joue dans ces lieux de vie. Les jeunes que nous avons vus la semaine dernière sont partants pour participer à l'enquête. Ils ont envie de saisir l'opportunité d'avoir ce temps de discussion centré sur eux. On ne juge pas, on écoute et on prend au sérieux ce qu'ils nous disent puisque nous sommes là pour comprendre les pratiques, les comportements. Les jeunes voient bien l'intérêt de faire entendre leur voix. Il faudra assurer une diversité des jeunes. Au-delà des institutions, nous comptons sur l'effet boule de neige.

Des problématiques se dégagent déjà ?

C'est bien trop tôt mais ce qui est sûr c'est que l'on doit arrêter de regarder la ruralité sous l'angle des manques mais plutôt sur ce qui se passe et comment les jeunes font leur vie. La semaine dernière, les jeunes ont insisté sur les enjeux de mobilité, l'importance des bus et les difficultés de se déplacer pendant les vacances scolaires alors que les cars sont calés sur le rythme scolaire. Les déplacements autonomes aussi, notamment à vélo, sont dangereux car les routes ne sont pas aménagées avec des pistes cyclables.

Il y aura une restitution ?

L'enquête va se poursuivre jusqu'en juin, nous avons déjà envisagé de présenter les premières pistes de résultats avant l'été et les faire discuter par les jeunes. On verra comment les jeunes se reconnaissent dans les constats qui émergeront.

Les élus pourront se saisir de votre enquête pour des actions ?

Il s'agit de mieux rendre compte des conditions de vie des jeunes dans les espaces ruraux, et contribuer donc à la connaissance sociologique. Les élus ou les associations peuvent évidemment s'en servir pour mener des actions localement tout comme les professionnels qui travaillent auprès des jeunes : animateurs socioculturels, éducateurs sportifs, enseignants et conseillers en missions locales.

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